Conforter le Club Alpin dans son rôle de fédération

Conforter le Club Alpin dans son rôle de fédération

Dans l’enquête réalisée l’an dernier par Olek Kazimirowski auprès d’un échantillon de 120 grimpeurs, dans le cadre de son mémoire de fin d’études pour l’obtention du certificat interuniversitaire en management du sport, 71% des grimpeurs interrogés affirmaient ne pas du tout connaître la fédération et 30% ne ressentir aucun sentiment d’appartenance à celle-ci …

Si la manière de conduire une enquête peut sans doute prêter flanc à la critique, le constat s’impose : la visibilité de notre fédération dans le monde belge de l’escalade demeure précaire.

Faut-il s’en inquiéter ?

Ou même s’en étonner ?

Pour ma part, ayant exercé divers mandats d’administrateur dans d’autres structures fédératives, je considère la mission d’une fédération - quelle qu’en soit la nature -, comme étant principalement la coordination, la défense et la promotion de ses composantes. C’est précisément cet engagement, garanti dans ses statuts, qui fonde les clubs à se ranger sous son « aile protectrice’ et à y trouver profit.

Notre objectif, qui est de développer nos disciplines, de réfléchir à leur avenir, de les valoriser, auprès du grand public notamment, et d’aider les clubs à proposer des activités attrayantes et financièrement abordables, devrait par conséquent, je pense, conforter le rôle fédérateur de notre association et renforcer les liens qui nous unissent aux cercles qui nous sont affiliés.

Ce sont eux qui occupent la première ligne, celle du contact direct avec les pratiquants, eux qui sont susceptibles de drainer de nouvelles « vocations », d’attirer vers l’escalade, l’alpinisme ou la randonnée pour ne citer que nos disciplines phares, de nouveaux membres.

Notre rôle, je pense, est de les y aider.

Nous le faisons, certes, déjà.

Nous leur donnons accès, moyennant contribution, aux rochers que nous gérons et aux massifs pour lesquels nous offrons réciprocité. Nous couvrons leurs membres en responsabilité et, le cas échéant, en soins hospitaliers. Nous mettons en avant leurs initiatives par le biais de nos supports de communication. Je suis convaincu que nous pouvons faire davantage.

Prendre nous-mêmes en charge, à l’inverse, la conception, l’organisation et l’encadrement de nombreuses activités, aussi séduisante soit la démarche, ne me paraît pas prioritaire et, s’agissant d’assurer une offre de proximité, s’apparente à une forme de concurrence interne sinon contestée, du moins peu propice à rendre plus lisible notre mode de fonctionnement.

Depuis quelques années déjà, le Club Alpin Belge s’est vu confier le mandat de fédérer les associations actives dans la pratique et l’encadrement d’activités périphériques à l’escalade. Elles sont nombreuses si l’on s’en réfère à l’article 3 de nos statuts (via ferrata, spéléologie, canyoning, ski-alpinisme ainsi que tout ce qui favorise ces activités ou s’y rapporte tels, par exemple, le ski, la randonnée, la course à pied, le VTT, le cyclisme et tous les sports utilisant les techniques de sécurité développées dans les sports principaux) et leur dénominateur commun n’est pas forcément évident.

La gamme des disciplines sportives coordonnées par notre fédération se joue, en outre, sur deux clés de partition : celle du haut niveau – voire de la compétition -, et celle du loisir actif, souvent familial.

Valoriser les synergies et les complémentarités entre ces activités peut dès lors s’avérer illusoire, voire antinomique. Et personne ne peut aujourd’hui contester l’existence de courants centrifuges qui, si l’on n’y prend garde, risquent de conduire un jour à l’éclatement d’une fédération toujours à la recherche de son identité.

Signes d’un manque de visibilité, la légitimité même de la fédération pose problème aux yeux de certains. Et pourtant !